Dieu de nos Ancêtres
Le Dieu unique que nos pères connaissaient avant l'arrivée des missionnaires.
On nous a dit que nos ancêtres étaient des païens.
On nous a dit que Dieu était arrivé avec les Européens. On nous a dit que nos traditions étaient des superstitions, nos prières des incantations, nos autels des idoles.
On nous a menti.
Car bien avant l'arrivée des premiers missionnaires, bien avant les croix et les cathédrales, les peuples bantou connaissaient un Dieu unique, créateur de toutes choses.
Les noms du Dieu suprême
D'un bout à l'autre de l'Afrique bantoue, le même Dieu était connu sous des noms différents. Ces noms n'étaient pas des inventions. C'étaient des révélations.
Nyambe
Chez les peuples d'Afrique centrale et orientale. Son nom signifie « Celui qui était » et « Celui qui sera ». Une contraction qui rappelle la révélation du Dieu d'Israël à Moïse : « Je suis celui qui suis » (Exode 3:14).
Leza
Chez les peuples d'Afrique australe et orientale. Leza est le Dieu du ciel, le créateur, celui qui envoie la pluie et veille sur les hommes.
Mulungu
Chez les Yao, les Swahilis et de nombreux peuples d'Afrique de l'Est. Mulungu est le grand créateur, l'être suprême, l'esprit de tous les hommes.
Le point crucial
Ces noms n'ont pas été inventés par les missionnaires. Ils existaient déjà.
Dès le XVIe siècle, les Portugais qui visitent le Royaume du Kongo notent que le peuple appelle Dieu Nzambi a Mpungu — « le Maître souverain », le créateur de toutes choses.
Les Bantou n'ont pas attendu les Européens pour connaître Dieu.
Les ancêtres, intermédiaires sacrés
Chez les Bantou, le Dieu suprême est souvent perçu comme lointain, transcendant. Alors, comment communiquer avec lui ?
Par les ancêtres.
Les ancêtres sont les « living-dead », comme les appelle le professeur Mbiti. Ils ne sont pas des dieux. Ils sont des intermédiaires entre les vivants et le Dieu créateur.
Le parallèle avec Israël est frappant. Dans la Bible, les patriarches — Abraham, Isaac, Jacob — sont vénérés et invoqués.
Les offrandes et les sacrifices
Le culte des ancêtres est au cœur de la spiritualité bantoue. Les vivants interagissent avec les esprits à travers des offrandes, des prières et des cérémonies.
On offrait de la nourriture, de la boisson, des libations. Comme les Israélites offraient des sacrifices à Dieu, les Bantou offraient aux ancêtres.
Deux traditions différentes, mais une structure commune.
La force vitale
Pour le Bantou, l'être est force. Tout ce qui existe possède une force vitale, une énergie qui vient de Dieu et qui circule à travers les ancêtres, les vivants, la nature.
Cette conception n'est pas étrangère à la Bible. Le psalmiste dit : « En lui nous avons la vie, le mouvement, et l'être » (Actes 17:28).
Ce n'est pas une coïncidence. C'est une mémoire.
La mémoire d'un Dieu unique, créateur, qui s'est révélé à nos pères. La mémoire d'un peuple qui a gardé cette connaissance à travers les siècles.
Et aujourd'hui, elle revient.
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