Éléphant, totem d'unité

Exode & Séparation

Sortir sans haïr, construire sans mendier.

L'exode n'est pas qu'un événement passé. C'est un chemin.

Un chemin qui commence par une rupture. Une séparation. Un départ. On quitte ce qui nous retenait. On quitte ce qui nous opprimait. On quitte ce qui nous empêchait d'être nous-mêmes.

Mais on ne part pas pour fuir. On part pour construire.

L'Exode de Jérusalem

L'histoire que nous portons commence à Jérusalem. La Jérusalem ancienne. Celle du roi Salomon. Celle de la reine de Saba.

Puis vinrent les invasions. Les Babyloniens. Les Perses. Les Grecs. Les Romains. Chaque empire a voulu détruire cette mémoire.

En l'an 70 après Jésus-Christ, le général romain Titus fait ce qu'aucun autre n'avait osé. Il rase le Temple. Il massacre la population. Il disperse les survivants.

Mais tous n'étaient pas restés.

La route du sud

Certains avaient fui avant. D'autres ont fui pendant. D'autres encore ont été emmenés de force.

Une partie d'entre eux a pris la route du sud. Vers le Yémen. Vers la ville de Sena. Puis de Sena, ils ont traversé. Ils ont atteint l'Afrique. Ils s'y sont installés.

C'est à eux que le missionnaire allemand a attribué le nom de Bantu. Ils ont gardé leur langue, leur mode de vie ainsi que leurs traditions.

Ils ont emporté avec eux la mémoire du Dieu de leurs ancêtres.

Les trois temps de l'exode

1. Sortir

Sortir, ce n'est pas seulement quitter un lieu. C'est quitter un état d'esprit. C'est refuser de continuer à penser comme on nous a appris à penser.

2. Traverser

L'exode est toujours une traversée. Une traversée de désert, de mer, d'incertitude. On ne sait pas ce qu'on va trouver.

3. Construire

On ne sort pas pour errer. On sort pour bâtir. Bâtir une mémoire, une foi, des institutions.

Sortir sans haïr

L'exode n'est pas une vengeance. Ce n'est pas une guerre. Ce n'est pas une haine retournée contre ceux qui nous ont opprimés.

La haine est une autre forme de servitude. Elle nous lie encore à ceux qui nous ont fait du mal.

Nous ne sortons pas contre quelqu'un. Nous sortons vers quelque chose.

Construire sans mendier

L'exode nous apprend à ne plus tendre la main. À ne plus attendre que d'autres viennent nous sauver.

Pendant des siècles, on nous a appris à mendier. Mendier la reconnaissance. Mendier la validation.

Nous ne mendions pas notre place. Nous la construisons.

Ce que nous quittons

Nous quittons le mensonge. Le mensonge qui dit que nos ancêtres étaient des païens.

Nous quittons la confusion. La confusion entretenue par ceux qui veulent un peuple docile.

Nous quittons la dépendance. La dépendance à des intermédiaires obligatoires.

Ce que nous allons vers

Nous allons vers la mémoire retrouvée.

Nous allons vers une foi qui parle notre langue. Vers un Dieu qui n'a pas besoin d'intermédiaires.

Nous allons vers la construction. Des écoles. Des lieux de transmission.

Nous allons vers l'unité. Une unité retrouvée dans ce qui nous lie : le sang, la mémoire, la foi.

L'exode est un commencement.

Ce n'est pas une fin. Ce n'est pas une fuite. C'est une marche.

Et maintenant, marchons.